Le molluscum contagiosum, une infection contagieuse
Fréquent chez l’enfant jeune, entre 2 et 10 ans, le MOLLUSCUM CONTAGIOSUM est contagieux par contact direct ou par le partage d’objets souillés (serviettes, éponges de bain, en particulier dans les piscines…). Chez l’adulte, les Molluscum peuvent être transmis sexuellement (par contact peau à peau). Il convient alors de faire un bilan à la recherche d’autres MST.
La propagation des lésions est favorisée par l’auto-inoculation (en se grattant par exemple) ou le rasage chez l’adulte. Un environnement chaud et humide est propice aux infections et à leur propagation.
La période d’incubation varie entre 2 semaines et 6 mois après le contact.
Molluscum contagiosum et peau atopique : un lien important
Un terrain particulièrement favorable au molluscum mérite d'être signalé : la peau atopique.
Les enfants souffrant d'eczéma atopique (ou dermatite atopique) présentent une barrière cutanée fragilisée, ce qui facilite la pénétration du virus et favorise sa dissémination. Chez ces enfants, les lésions peuvent être plus nombreuses, plus étendues, et leur évolution spontanée plus longue.
Si les papules de molluscum contagiosum s'accompagnent de plaques d'eczéma dans les zones avoisinantes, il est recommandé de traiter l'eczéma en priorité : des soins apaisants et hydratants réguliers, associés si nécessaire à un traitement local prescrit par le médecin, peuvent favoriser une régression plus rapide des molluscum.
En cas de doute ou si les lésions se multiplient rapidement sur un enfant à peau atopique, un avis dermatologique est particulièrement conseillé.
Aspect clinique
Les lésions de Molluscum Contagiosum sont de petites papules blanches ou de couleur chair, fermes, hémisphériques et ombiliquées en leur centre de 1 à 5 mm de diamètre.
Leur ombilication centrale, qui à la pression laisse échapper une matière blanchâtre correspondant aux cellules épidermiques altérées, est très caractéristique.
On les retrouve isolées ou en grappes et les localisations sont variées au niveau de la peau.
Elles apparaissent le plus souvent sur le visage, les paupières, le cou, le tronc, les bras (intérieur du coude), les fesses, les cuisses ou sur des plaques d’eczéma.
Chez l’adulte, dans le cadre d’une MST on les retrouve sur le pubis, les parties génitales, les fesses ou les faces internes de cuisses. A la différence des condylomes, l’atteinte muqueuse est rare.
L’aspect clinique est généralement très évocateur et permet de les identifier facilement. Ce n’est que devant certains éléments solitaires, très volumineux, non ombiliqués, très inflammatoires qu’un examen histologique peut être nécessaire.
Le diagnostic différentiel peut se faire entre :
Lésions de la varicelle
Les microvésicules au tout début peuvent simuler des Molluscum Contagiosum mais rapidement évoluent vers des lésions croûteuses et prurigineuses. Il existe par ailleurs des signes généraux.

Verrue plane
Petites papules aplaties qui siègent surtout sur le visage, le cou, la poitrine et sur le dos des mains sans ombilication.

Papillome verruqueux
Lésions virales cutanées filiformes fréquentes sur le visage (barbe et paupières)

Adénome sébacé
Très nombreuses petites tumeurs, de la taille d’un grain de mil à celle d’un gros pois chiche, siégeant sur le pourtour du nez et de la bouche. Ces adénomes apparaissent dans la seconde enfance, ils sont souvent familiaux.

Condylome
Petites excroissances de quelques millimètres rappelant la texture des verrues cutanées. De localisation cutanée et / ou muqueuse ils ne forment parfois que de petites élevures roses ou brunâtres.

Acrochordon
Lésion cutanée bégnine, filiforme ou en battant de cloche, et terminée par des verrucosités.

POUR EN SAVOIR PLUS
T. Jansen, R. Romiti – Evaluation of the efficacy and tolerability of 5% Potassium Hydroxide Solution in the treatment of Molluscum contagiosum in Childhood – Clinic of Dermatology – Sao Paulo – Brazil – Akt Dermatol – 2007
Prise en charge des molluscom contagiosum
Absence de traitements
Guérison spontanée survenant en quelques mois, habituellement 6 mois à 2 ans
Traitements physiques et médicamenteux
- A appliquer localement sur chaque lésion de Molluscum Contagiosum : les solutions d’hydroxide de potassium à 5% ou 10% dont l’efficacité a été prouvée.
- Le curetage : Le traitement le plus répandu est probablement le découpage des molluscum avec une curette, mais cette procédure est un peu douloureuse. Le curetage nécessite l’utilisation d’un petit scalpel stérile qui est extrêmement précis (dans des mains expertes) pour enlever seulement la peau infectée.
- La cryothérapie : La cryothérapie consiste à brûler les lésions avec de l'azote mais cette méthode est assez douloureuse.
- L'électrocoagulation : L'électrocoagulation détruit les lésions grâce à un courant électrique. Cependant, ce traitement peut laisser des cicatrices peu esthétiques. Le dermatologue peut également utiliser une photovolatilisation au laser.
- Autres : Des applications locales de crème à base de rétinoïde ou de substances corrosives sont plus rarement conseillées
Conseils pour éviter la prolifération des molluscum contagiosum

- Éviter temporairement la promiscuité des enfants contaminés avec les autres lors des bains, des activités en piscine ou à l'occasion de la pratique des sports de contacts.
- Éviter de partager les serviettes de toilettes utilisées chez les patients infectés.
- Déconseiller le grattage des molluscum car cela favorise leur dissémination.
- Éviter les contacts sexuels pendant la période où vous êtes porteur de molluscum.
- Le molluscum contagiosum peut prendre 2 à 3 mois à se développer, mais les symptômes peuvent apparaître en moins d'une semaine ou seulement au bout de 6 mois
En cas de doute n'hésitez pas à en parler à votre médecin
Comment ne pas confondre le molluscum contagiosum avec d'autres affections cutanées ?
L'aspect des papules de molluscum contagiosum est généralement très caractéristique, notamment grâce à leur ombilication centrale. Néanmoins, il est parfois confondu avec d'autres affections cutanées fréquentes chez l'enfant. Ce tableau vous aide à identifier les principales différences, sans pour autant remplacer un avis médical en cas de doute :
|
Affection
|
Aspect des lésions
|
Localisation typique
|
Différence clé
|
|
Molluscum contagiosum
|
Papule nacrée, ombilication centrale
|
Tronc, membres, visage
|
Ombilication = signe distinctif
|
|
Verrue (HPV)
|
Surface rugueuse, points noirs
|
Mains, plantes des pieds
|
Jamais de dépression centrale
|
|
Varicelle
|
Vésicules croûteuses + fièvre
|
Tout le corps
|
Fièvre, évolution rapide
|
|
Eczéma
|
Plaques rouges, prurigineuses
|
Plis, coudes, genoux
|
Pas de papule ombiliquée
|
En cas d'incertitude, une consultation dermatologique permet de poser un diagnostic précis. Le molluscum contagiosum ne se retrouve jamais sur la plante des pieds ni sur les paumes des mains, ce qui constitue un repère clinique utile.
Les différentes options de traitement
Pour vous aider à vous repérer parmi les différentes options disponibles, voici un récapitulatif des principaux traitements du molluscum contagiosum :
|
Traitement
|
Réalisé par
|
Mécanisme
|
Douleur
|
Cicatrice ?
|
|
Curetage
|
Dermatologue
|
Grattage mécanique de la papule
|
Modérée*
|
Rare
|
|
Cryothérapie (azote liquide)
|
Dermatologue
|
Congélation de la lésion
|
Modérée*
|
Rare
|
|
Solution KOH 5 % (ex. Molutrex)
|
À domicile
|
Kératolyse chimique locale
|
Légère (rougeur)
|
Non
|
|
Électrocoagulation
|
Dermatologue
|
Destruction par courant électrique
|
Légère à modérée*
|
Possible
|
|
Abstention thérapeutique
|
—
|
Guérison spontanée (6 mois à 2 ans)
|
Aucune
|
Non
|
* Une anesthésie locale par crème (de type lidocaïne) peut être appliquée 30 à 60 minutes avant le geste pour limiter la douleur, en particulier chez l'enfant.
Note : aucun traitement n'a démontré de supériorité formelle sur les autres selon les données disponibles à ce jour. Le choix se fait en concertation avec le dermatologue en fonction du nombre de lésions, de l'âge, du terrain et de la tolérance du patient.