NAD+ et vieillissement cutané : comment cette coenzyme agit sur la longévité de la peau
Sommaire
Qu'est-ce que le NAD+ ? La coenzyme que toutes les cellules de la peau réclament
Le NAD+, ou Nicotinamide Adénine Dinucléotide, est une coenzyme naturellement présente dans toutes les cellules vivantes de l'organisme.
Une coenzyme est une molécule indispensable au fonctionnement de nombreuses réactions biologiques. Sans elle, certaines enzymes ne peuvent tout simplement pas accomplir leur mission.
Dans la peau, le NAD+ intervient principalement dans deux mécanismes fondamentaux [1] :
-
La production d'énergie cellulaire (ATP).
-
L'activation des sirtuines, souvent qualifiées d'enzymes de longévité.
NAD+ et énergie cellulaire : le carburant du métabolisme cutané
Les cellules de la peau ont des besoins énergétiques élevés. Elles doivent se renouveler continuellement, produire des protéines structurelles et réparer les dommages causés par les rayons UV, la pollution ou le stress oxydatif.
Pour accomplir ces tâches, elles utilisent l'ATP (Adénosine Triphosphate), principale source énergétique de l'organisme.
Le NAD+ joue un rôle essentiel dans la fabrication de cet ATP au sein des mitochondries, sortes de centrales énergétiques de nos cellules.
Lorsque les réserves de NAD+ diminuent, la production d'énergie sous forme d’ATP est réduite. Les cellules fonctionnent alors au ralenti, ce qui favorise progressivement le vieillissement cellulaire de la peau [2].
Pour simplifier, on peut comparer le NAD+ au carburant de nos cellules. Tant que le carburant est suffisant, les cellules disposent de l'énergie nécessaire pour assurer leurs fonctions : renouvellement cellulaire, synthèse de collagène, réparation de l'ADN ou encore protection contre les agressions environnementales.
Pourquoi le NAD+ diminue-t-il avec l'âge ?
Les travaux de recherche montrent que les concentrations cellulaires de NAD+ diminuent avec l’âge [2].
Plusieurs phénomènes expliquent cette baisse :
-
L’augmentation des dommages cellulaires à réparer liée à l’accumulation de stress oxydatif.
-
Des besoins accrus en NAD+ de certaines enzymes de réparation.
-
Une diminution de sa synthèse intrinsèque.
-
L’altération de son recyclage intracellulaire.
Le recyclage du NAD+
Véritable chef d'orchestre du recyclage du NAD+, la NAMPT (Nicotinamide Phosphoribosyltransferase) est aujourd'hui considérée comme l'un des régulateurs majeurs de la longévité cellulaire. Son activité conditionne directement la capacité des cellules à maintenir des niveaux suffisants de NAD+.
Avec l'âge, l'expression de la NAMPT tend à diminuer, contribuant à l'épuisement des réserves de NAD+ dans la peau. Cette diminution est aujourd'hui considérée comme l'un des mécanismes biologiques impliqués dans le vieillissement cellulaire [1].
Les sirtuines : les enzymes de longévité dépendantes du NAD+
Parmi les mécanismes biologiques les plus étudiés dans le domaine de la longévité cellulaire figurent les sirtuines.
Les sirtuines sont une famille de sept protéines différentes (SIRT1 à SIRT7), présentes dans tous les types cellulaires de l’organisme et impliquées dans de nombreux processus métaboliques.
Dans la peau, SIRT1 est particulièrement étudiée pour son implication dans [3] :
-
La réparation de l'ADN.
-
La protection contre le stress oxydatif.
-
La régulation de l'inflammation.
-
Le maintien du fonctionnement des fibroblastes.
-
L’adaptation cellulaire face aux agressions environnementales.
Pourquoi les sirtuines ont-elles besoin du NAD+ ?
Contrairement à de nombreuses enzymes, les sirtuines ne peuvent fonctionner qu'en présence de NAD+.
Autrement dit, le NAD+ est indispensable à l’activation des sirtuines.
Concrètement, la diminution de l’activité des sirtuines dans la peau impacte différents mécanismes [4] :
-
Une moins bonne capacité de réparation de l'ADN face aux agressions quotidiennes (UV, stress oxydatif).
-
Une moins bonne gestion du stress oxydatif, favorisant l'accumulation de dommages cellulaires.
-
Une altération du fonctionnement des mitochondries entraînant une baisse de la production d'énergie.
-
Une augmentation de certains mécanismes inflammatoires impliqués dans l'« inflammaging », une inflammation chronique de faible intensité associée au vieillissement.
-
Une diminution de l'activité des fibroblastes, les cellules responsables de la production du collagène, de l'élastine et d'autres composants de la matrice extracellulaire.
Ces différentes altérations biologiques favorisent l'installation des signes visibles du vieillissement cutané : rides plus marquées, perte de fermeté, diminution de l'élasticité, teint moins lumineux et peau moins résistante face aux agressions extérieures.
Comment stimuler le NAD+ dans la peau ? L'approche dermatologique
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, l'objectif n'est pas nécessairement d'apporter directement du NAD+ à la peau, du fait de sa relative instabilité.
Les stratégies de longévité les plus prometteuses consistent plutôt à soutenir les mécanismes naturels permettant aux cellules de maintenir ou restaurer leurs propres réserves de NAD+.
Stimuler l'activité de la NAMPT
L'une des approches étudiées vise à stimuler l'activité de la NAMPT, l'enzyme clé du recyclage du NAD+.
En optimisant cette voie métabolique, les cellules peuvent produire davantage de NAD+. Cette approche permet de relancer la production endogène de NAD+ et d'agir en amont des mécanismes du vieillissement cellulaire [1].
Les exosomes de goji : soutenir la communication cellulaire
Les exosomes sont de petites vésicules naturellement produites par les cellules pour communiquer entre elles. En dermatologie, ils sont étudiés pour leur capacité à transmettre des signaux biologiques favorables au fonctionnement cellulaire [5].
Les exosomes issus du goji sont notamment étudiés pour leur potentiel à :
-
Soutenir l'activité des fibroblastes.
-
Favoriser la synthèse de collagène.
-
Contribuer à la production d'élastine.
-
Maintenir une communication cellulaire efficace.
En agissant sur d'autres mécanismes associés à la longévité cutanée comme la communication cellulaire, l’apport topique d’exosomes offre une action complémentaire à celle du recyclage du NAD+.
La niacinamide : une autre alliée de la longévité
Déjà largement connue du grand public, la niacinamide (aussi appelée nicotinamide ou vitamine B3) possède plusieurs propriétés intéressantes pour les peaux matures.
Elle contribue notamment à :
-
Renforcer la barrière cutanée.
-
Améliorer l'hydratation.
-
Réduire certains signes de l'inflammation.
-
Soutenir les mécanismes naturels de réparation.
La niacinamide possède une autre propriété d’intérêt dans les stratégies de longévité cellulaire : celle d’être un précurseur métabolique de la voie de synthèse du NAD+ [6].
Un apport topique en niacinamide représente ainsi une opportunité supplémentaire d’agir sur la voie de NAD+.
Le NAD+ occupe une place centrale dans le vieillissement cutané. En contribuant à la production d’énergie cellulaire, la réparation de l'ADN et l’activation des sirtuines, il participe aux mécanismes fondamentaux du maintien de la peau.
À mesure que la science progresse, le NAD+ et ses voies biologiques apparaissent comme des leviers prometteurs pour soutenir la longévité cutanée. Une approche innovante qui vise à préserver le fonctionnement optimal de la peau, bien au-delà de la simple correction des signes visibles du vieillissement.
Sources


